Merediana (suite)

Merediana (suite)
Vous aviez déjà compris, je suppose, que ce n'était que le début de mon histoire. Il est certain qu'il m'est arrivé bien plus en tant d'années que ce que j'ai raconté qui ne représente que les 17 premières années de mon existence. Voilà une partie de la suite... Osez vous plaindre si vous voulez en savoir plus, c'est long écrire ses mémoires, tentez donc l'expérience pour voir. Voilà donc:

(Hors-jeu : C'est la verion originale selon ma vision des vampires, donc si ça ne colle pas à l'idée originale des vampires de Vampire Mascarade, ne pas tous le mettre dans les commentaires, me le signaler le mercredi quand je passe à St-Hyacinthe.)


Elle se réveilla violemment avec une nausée épouvantable. Elle était dans une pièce sombre, étendue sur un lit bas dont elle fut rejetée d'un renvoi brutal. Elle sentait son ventre la brûler, ses chairs se broyer, sa peau se consumer. À quatre pattes sur le sol glacé, elle vomit tripes et boyaux, dans le sens véritables des termes, libérant son corps de tout ce qui y était maintenant inutile. Jonchèrent bientôt le plancher poumons, foie, reins et autres organes divers dont la fonction avait expiré la nuit précédente. Elle regardait, horrifiée, ce qui avait fait d'elle un être vivant, refusant de croire ce qu'elle venait pourtant de vivre, souffrant de cette vie qui s'en était allée.

Elle avait l'air de ce qu'elle était, morte. Ses cheveux blonds étaient collés à son front et son cou par les dernières sueurs froides de son humanité perdue. Ses yeux trop pâles tremblaient de leurs finales larmes, luisant d'une lumière froide et nerveuse trahissant l'existence persistante de son âme. Sa peau gardait les traces de sa journée agitée dans sa teinte blanche comme neige et tout aussi dénuée de chaleur. Elle s'était acculée dans un coin et avait ramené ses genoux contre sa poitrine, ses jambes dévoilées jusqu'à sa taille, découvrant sa chair si claire qu'elle en reflétait la lumière ambiante minime. Ses lèvres sèches prouvaient son effroi et son état de panique avancée.

C'est dans cette détresse qu'une lueur vint l'éclairer, donnant aux restes de sa vie des reliefs détestables et effrayants, franche illusion d'un monstre difforme et illusoire, tapi dans l'ombre, prêt à l'attaque. Une vive brûlure s'empara du regard de la jeune fille qui clôt immédiatement les paupières afin de se protéger de cette ardente douleur.


- Comment va mon adorée?

Cette voix, non, elle ne voulait pas se souvenir! Le noir, le chaos, l'oubli, tout valait mieux que ces instants qui remontaient la chute de sa mémoire, traversant son réveil en sens inverse et l'ellipse de son sommeil sans rêve pour retrouver le sang de ses parents et leurs vies évaporées. Elle voulut pleurer, crier, hurler, mais quand elle vit le sang couler de ses yeux, elle sursauta en silence, jetant un regard interrogateur et empreint de folie à celui qui avait parlé. L'obscurité le couvrait de sa cape de noirceur, empêchant l'adolescente de détailler ses traits. La lanterne qu'il tenait à la main n'était transparente que sur la moitié qui lui faisait face, comme si celui qui la tenait avait la ferme volonté de lui cacher son identité.

- Troublée, c'est ça?

Elle ne bougea pas. Ses yeux sondaient le vide de leur blanc étonnant. Elle était pétrifiée. Qui était-il? Que lui voulait-il? Comment osait-il l'appeler « mon adorée » alors qu'elle ne le connaissait même pas? Une image lui revint en mémoire. L'assassin, volubile et enjoué, la complimentant de son calme, de sa personne. Sa voix grave et envoûtante au rythme musical et à l'accent indéfinissable. Était-ce lui?

- Muriel, c'est ça?

Si elle avait pu le voir, elle aurait pu constater qu'il souriait, satisfait. Elle est parfaite, pensa-t-il à cet instant.

- Magnifique! Ta mémoire te revient rapidement. C'est un record! Mais tu ne pourras te rappeler d'autre chose, ce serait trop facile. Allons! Je sais que tu meurs d'envie de voir mon visage, ils le sont tous. Et avec raison, je dois l'avouer. Mes traits abritent une perfection... Mais les tiens également auront cette beauté naturelle bientôt. Tu étais déjà jolie alors cela ne prendra pas trop de temps. Allons, j'ai dit! Nous avons beaucoup à faire et ton éveil a été tardif...

Débitant toutes ces paroles avec éloquence, il n'avait pu s'empêcher de se réjouir de sa trouvaille. D'un instinct nouveau, elle s'était levée pour se mouvoir dans l'ombre. Qu'avait-il dit? Que son visage ne lui reviendrait pas. Pourtant, dans son esprit embrumé, ce seul visage flottait comme un mirage usé par le temps, rendu flou par la chaleur de sa fièvre et indistinct par son trouble, mais présent, encore, à travers les vapeurs de ses souvenirs confus. Elle n'était pas comme ce « ils » à ce qu'il semblait, ou n'était-ce pas seulement qu'il voulait l'intriguer? Elle voulait comprendre, c'était tout. Des changements s'opéraient encore en elle et elle les sentait, les ressentait, les endurait avec un courage précaire. Ses yeux se teintèrent de gris, mais restèrent pâles et maladifs. Il sursauta en ne la voyant plus prostrée sur le sol, regrettant sa tendance à la parole facile.

- Vous me cherchez? dit-elle dans son dos, le faisant sursauter de plus belle.

Comment avait-elle acquis cette habileté au silence, il n'aurait su dire. Il ignorait également comment il se faisait qu'elle ait pu si vite se souvenir de son nom. Et s'il ne l'avait pas correctement hypnotisée avant de la mordre? Non, elle n'aurait pas récupéré si vite pour autant qu'il s'en souvienne lui-même. Il se retourna lentement, restant dans l'obscurité. Il gardait cette curiosité comme un atout, mais en était-ce réellement un?

- Tu récupère bien, merveilleux! Sois honnête, comment te...

Il ne put terminer sa phrase, les yeux rivés sur Merediana. Ce n'était pas possible! Sa chevelure d'or caressait sa taille fine en une cascade scintillante. Ses yeux s'étaient encore obscurcis, atteignant un ton d'argent à la teinte miroitante. Sa peau avait à la fois le nacre de sa race nouvelle et une touche rosée qui la faisait paraître vivante. Ses lèvres, tels les pétales d'une rose au rouge électrisant, étaient entrouvertes, laissant paraître une rangée de dents éclatantes. Il n'aurait su lui trouver de défauts, même s'il avait voulu essayer. Les larmes d'eau rouge qui se déversaient sur ses joues accentuaient leur couleur sans altérer la douceur de ses traits.

- Comment quoi?

- Comment te... te sens-tu?

- Mal! J'ai encore le c½ur au bord des lèvres et j'ai l'impression que mon crâne va éclater en milliers de petits morceaux. Et vous trouvez ça drôle en plus! C'est votre faute!

Elle semblait furieuse, mais le calme la reprenait encore, comme si elle ne pouvait pas lui en vouloir. Son image mentale était de moins en moins floue et elle commençait à lui plaire. Ses yeux avaient atteint un ton de fer, d'orage sombre. De son côté, lui, il était parti d'un grand rire.

- Ça va passer, c'est normal. D'ailleurs, le mal de tête arrive plus tard usuellement. C'est parce que tu as faim.

- Faim! Je n'ai... euh... je n'ai...

- Plus d'estomac, je sais! Tu as soif, si tu préfères. Pour survivre, il te faut te nourrir. Même si tu n'es plus humaine, ni même vivante à proprement dit, ton corps a encore besoin d'une chose pour vivre, pour être...

- Du sang! Non! Je ne veux pas!

- Mais tu n'as pas le choix! Et je sais que tu ne veux pas mourir! Viens, je vais te donner à boire maintenant.

- Non! Je ne veux blesser personne!

- Arrête de t'inquiéter petite vampirette impulsive! Tes crocs ne sont pas assez développés pour percer une gorge encore. Nous allons puiser dans mes réserves fraîches, d'accord?

Elle se méfiait, mais n'osait prendre une décision. Comment pouvait-il en savoir autant sur elle? Non, elle ne voulait pas mourir. Mais que préférait-elle : mourir ou tuer? Pour le moment, elle pouvait profiter du sang de réserves, bien qu'elle doutait que celui-ci ait été obtenu sans tuer son propriétaire. Cela ferait-il d'elle une complice, une criminelle, une coupable? Elle avait peur, elle s'inquiétait, elle doutait et pourtant, pourtant, elle reprenait doucement son calme et ses yeux atteignaient tons d'ombres estivales, de celles qui se forment entre le corps solide et le soleil trop haut, trop chaud, trop clair, de celles qui ne sont pas si fraîches que leur propre lumière tamisée. Son c½ur ne battait pas, mais elle se sentait compter les battements absents à un rythme de plus en plus lent, comblant le vide qui la pressait en lui prouvant sa propre mort qu'elle n'acceptait pas, qu'elle ne voulait pas, qui la tuait encore de sa certitude fâcheuse. Elle voyait son visage presque bien, presque lisse, mais le flou persistait encore un peu. Elle voulait y voir plus clair et pas seulement cette image, cet homme qui lui faisait face, caché dans l'obscurité pour ne pas qu'elle le voit, pour s'assurer une curiosité qu'il ignorait inexistante.

- Montrez-moi votre visage et je vous suis, finit-elle par demander, épuisée de farfouiller dans sa mémoire pour effacer les dernières vaguelettes agitant sa vision intérieure.

Il rit encore. Il se croyait fort, puissant, important. Il avait le contrôle.

- D'accord, mais tu ne le verras que lorsque tu boiras ta première gorgée.

Elle se mit en marche dans le faisceau lumineux qui l'agaçait. Il ne la quittait pas des yeux et cela la fatiguait. S'il l'avait laissée sans surveillance, elle aurait pu se cacher dans les ténèbres, disparaître, mais elle sentait la brûlure de son regard sur sa peau, sur la chair de son dos, transperçant sa robe, son corps, son ombre pour qu'elle ne soit plus qu'un tas d'os et de sang desséché, sang qu'elle devait faire revivre, réhydrater, régénérer avec la vie d'un autre. Mais elle se consolait avec l'image qui se clarifiait, s'éclaircissait dans ses pensées. Et elle fixait celle-ci avec un regard de haine et d'intérêt, car elle se complaisait dans cette contemplation fascinée, elle attendait le fixe avec hâte. Elle s'abandonnait dans cette observation avec la volonté d'en savoir davantage.

Elle sentit qu'ils descendaient un escalier, la lumière dans son dos semblait monter tandis qu'elle descendait les niveaux un par un. Elle vit la porte de bois grise rongée par le temps et l'ouvrit, pressée par la voix de son bourreau et sauveur.


- J'ai décidé que votre visage ne m'intéressait pas, s'exclama-t-elle soudain sur le ton banal de la conversation.

Il ne perdit pas son sang froid, mais parut hésiter avant de répondre. Elle reprenait le dessus et il ne pouvait la laisser faire.

- Cela ne m'empêchera pas de te faire boire. Si tu attends trop, ce n'est pas qu'à la tête que tu souffriras. Moi seul peut t'enseigner la vie d'un vampire, tu as besoin de mon aide parce que tu refuses la mort. Et je sais que tu es de mon avis, que tu finiras par accepter ton nouvel état.

Elle restait calme, mais n'avait que l'envie de se rebeller, de se défendre, de réagir. Elle ne pouvait pas se fâcher, une force plus intense la contraignait à ce calme qui l'avait recouverte de sa cape mensongère, de sa tranquillité sotte.

- Mais si je ne veux pas tuer!

Encore un éclat de rire, froid et distant, insensible, mais qui, pourtant, démontrait qu'il portait attention à ce qu'elle disait ou pensait. La haine diminuait encore dans le c½ur de la jeune immortelle. Elle sourit, dos tourné à l'énervant éclairage.

- Mais qui a dit que les vampires sont des assassins? Oui, nous nous nourrissons de sang, mais nous ne sommes pas forcés de tuer. Nous ne prenons que le nécessaire pour survivre habituellement, quitte à attaquer plus d'une personne durant notre chasse.

- Alors... vous n'avez tué personne?

- Non, c'est faux. J'ai tué de nombreuses personnes. Je ne suis pas un sadique, mais tu te rappelleras sans doute tes parents. Je n'aime pas laisser mes dettes en suspens.

Elle se renfrogna au souvenir de ses parents. Il les avait tués rapidement, sèchement, froidement, vidés de leur sang. Il s'était fait un festin de leur essence. Elle ne saurait oublier, mais, sans se l'expliquer à elle-même, elle ne lui en voulait plus. La ranc½ur était effacée devant ce visage d'un blanc laiteux qui valsait devant ses yeux.

- J'aurais du y penser. Mais sont-ce les deux seuls?

- Non. Je n'ai pas honte de dire que j'ai été un meurtrier. Cependant, je puis l'expliquer et me défaire de la responsabilité de mes actes. Quand l'on m'a transformé, personne ne m'a recueilli pour m'apprendre ce qu'était un vampire. J'avais peur de tout : ail, croix, miroirs... Je n'osais boire, car, comme toi, je me refusais au meurtre. La douleur m'a alors attaquée durement et je finis par ne plus la supporter. Chaque nuit apportait sa nouvelle victime, parfois deux quand j'en avais besoin. On me traqua, me pourchassa, mais jamais on ne m'atteint. Je finis par en croiser un autre comme moi, un vampire. Il avait ouï de mes massacres et avait eu le c½ur suffisamment bon pour venir me trouver dans ma fuite. Il m'apprit la possibilité de ne pas tuer, la chance d'être vampire pour faire le bien. Je restai neutre un moment, mettant en ½uvre ses conseils, cependant, mon c½ur manquait de bonté, je fis une rechute dont je ne me relevai pas. Non pas que je me remis à tuer, mais à arnaquer, piller, voler, tricher. Ceux qui, comme ton père, me devaient quelque chose, payaient de leurs proches leur dette. Je t'ai prise comme j'aurais pu prendre ta mère. Mais j'ai vu dans tes yeux ce qu'il faut à un vampire, peu importe sa vocation, peu importe ses choix : la volonté de survivre. Cela m'a suffit à prendre une décision.

Elle resta silencieuse, admirative. Elle se serait laissée mourir s'il n'avait pas été là. Elle lui devait bien la mort, mais elle lui devait aussi la vie, non? Elle choisit sa réponse. Elle préférait lui devoir la vie, quitte à lui rendre au centuple le don qu'il lui avait offert.

- Bien triste histoire. Vous connaissez déjà la mienne malheureusement.

- C'est exact, mais il te manque encore un détail avant de me connaître réellement.

- Lequel? Votre visage?

- Exact! N'es-tu pas un peu curieuse?

- Non, je le vois déjà clairement.

Il faillit s'étouffer, bien que, ne respirant pas, il ne crache que quelques gouttes de sang. Il n'y comprenait rien! Comment pouvait-elle se souvenir? Elle faisait semblant, c'était la seule explication plausible.

- Comment ça?

- Je me rappelle l'autre nuit, l'obscurité, mes parents, votre visage au-dessus du mien avant que vous ne buviez à ma gorge, vos cheveux noirs presque aussi longs que les miens, mais plus raides, vos yeux de ce rouge si étincelant que j'ai cru que mon sang y palpitait déjà. Ma vie pour revoir ce visage ou je refuse toute boisson, quelle qu'elle soit!

Il n'en revenait pas. Elle venait de le décrire traits pour traits, de façon détaillée. Mais il ne pouvait s'en offusquer. Il n'y comprenait vraiment plus rien! Comment? Comment? Comment avait-elle pu récupérer si vite, se rappeler si vite, se souvenir de ce qu'il s'était efforcé de faire disparaître de sa mémoire? Qui était-elle? Lui, qui avait déjà transformé tant de vampires qu'il ne les comptait plus, était surpris pour la première fois par l'une de ses victimes. Elle n'était pas comme les autres et il le voyait dans ses yeux d'espaces noirs, de ciel sans lune ni étoile, d'encre de jais. Elle était dotée de cette perfection exceptionnelle qui faisait la fierté de leur race, mais à cela était ajouté une touche personnelle, une acuité supérieure, un mystère que personne ne devait résoudre au cours de sa vie.

L'autre côté de la lanterne se dévoila lentement, faisant se languir la jeune femme attentive à tout reflet de la lumière orangée sur le visage de celui qu'elle avait choisi de nommer son sauveur plutôt que son assassin. Enfin, les traits qu'elle avait figés dans son esprit s'imprimèrent devant ses pupilles sous la lueur spectrale de la lampe. Elle tendit la main.


- Ma migraine s'aggrave, ajouta-t-elle simplement.

Il se tourna et, dans un bruit de verre clinquant, sortit d'un petit frigidaire à la lumière cassée une bouteille froide dont la teinte ne laissait peser aucun doute sur son contenu.

- Une paille, questionna-t-il en la lui tendant.

Mais les mots n'avaient maintenant plus de raison d'être. Un seul regard suffit pour qu'il comprenne la négative. Elle but. D'abord, elle tenta d'avaler sans goûter, comme si le breuvage la répugnait, mais elle ralentit lorsque le goût à la fois sucré et métallique envahit sa bouche, éveillant une telle sensation sur ses papilles gustatives qu'elle en fut désorientée. Elle se délecta du reste de la bouteille, n'y laissant qu'une gorgée. Son regard glacé fixa le sien un instant, elle ne savait que dire. Elle se sentait bien maintenant, sans mal de tête, sans mal de c½ur, sans souffrance, sans douleur. Les mots étaient vains. Elle était vampire, son reflet dans ces yeux de feu qu'elle admirait ne lui laissait aucun doute. La chaleur du sang l'avait reconquise et elle se savait calme, elle restait tranquille, paisible, immobile avec cette dernière gorgée qu'elle n'osait boire, savourant plutôt les iris sanglants de celui qui lui faisait face.

De son côté, il se sentait de plus en plus mal. Il la regardait et se fichait des explications. Il ne voulait pas qu'elle s'explique, elle en aurait été incapable de toute façon. Il sentait la chaleur pénétrer dans son corps menu, en irradier, s'y fondre, en sortir en une aura iridescente l'entourer d'un châle invisible dont il avait envie de se revêtir également. Il ne voulait plus se questionner, s'interroger, il voulait plonger dans l'anonymat de ces yeux brillants d'obscurité, se noyer dans leurs incertitudes, s'inonder de leur noirceur langoureuse.

Ils ne savaient pas ce qu'il leur arrivait. Elle était morte trop jeune, lui trop malheureux, pour qu'ils croient en l'amour. Leurs c½urs ne battaient pas alors pouvaient-ils aimer? Pouvaient-ils éprouver de la passion, de l'attirance, du désir pour autrui sans la chaleur de la vie? Ils l'ignoraient. Ils s'en fichaient, ils ne voulaient pas que leur contact visuel se rompe, rester toujours ainsi, mélanger encore les couleurs jusqu'au rose, car les yeux de Merediana étaient rapidement revenus à leur initiale couleur crème. Elle versa une nouvelle larme de sang, songeant qu'elle ne savait même pas ce qu'était l'amour alors qu'elle était en vie, qu'elle ne saurait jamais si ce qu'elle ressentait à cet instant en était, qu'elle voulait vraiment le savoir alors même qu'elle restait indifférente à tout sauf à cette liaison directe qui la faisait frémir.

En apercevant la perle rosée tomber sur la joue de la jeune fille, il tendit le bras, l'essuyant du bout des doigts, tendrement. Elle s'empara de la main tiède, l'enfermant dans les siennes, plus chaudes, brûlantes, vivantes. De sa main gauche, elle maintint l'otage tandis que, de l'autre, elle lui tendit la bouteille qui lui sembla glaciale, d'un froid de mort. Il en but quand même le contenu avant de s'en débarrasser d'un mouvement brusque. L'éclatement de verre fit sursauter l'adolescente. Elle ouvrit les doigts, libérant la prisonnière qui fuit vers l'or de ses cheveux. Elle se laissa faire, gardant les yeux ouverts, submergée par une émotion qu'elle ne reconnaissait pas. Lentement, si lentement, il finit par la prendre dans ses bras, leurs deux brûlures sanguines s'entremêlent dans le vide qui les séparait le vide des atomes, le vide spatial, le vide de leurs âmes serrées l'une contre l'autre, soudées. Elle ne voulait pas bouger, seulement exister, là être, tout simplement. Elle avait chaud, elle était bien, immobile. Ils ne trouvaient pas les mots. Toile romantique sur fond de sang, ombres parmi les ombres. Elle sentait les formes de la lanterne dans son dos.

Un bruit sourd et creux et la lumière s'éteint, cachant la passion de leur étreinte. Maintenant qu'il faisait noir, maintenant que leurs yeux n'étaient qu'obscurité vaine ils voulaient uniquement savoir l'autre près d'eux. Merediana se mit à trembler de plus en plus fort entre les bras de Muriel, feuille morte agitée par le vent, mais qui toujours refuse de quitter sa branche, attachée si finement qu'un moindre frôlement la ferait céder. Elle avait beau lutter, elle ne pouvait calmer les secousses. Il la serra plus fort, cherchant à la réconforter. Il la laissa appuyer sa tête contre son épaule, droit, chaud, solide contre elle, frissonnante et fragile. C'était la première fois qu'il éprouvait un sentiment pareil. Il ne voulait pas que cela se passe mal, il l'avait vu si souvent, s'en était amusé tant de fois, en avait ri à en pleurer, mais il ne voulait pas. Il connaissait la source de ces tremblements, il savait à quoi ils menaient, mais cela ne se pouvait pas. Pas elle, pas à cet instant.


- Ça va aller, ça va passer, murmura-t-il à son oreille. Il savait que c'était faux, il savait, mais espérait encore.

Elle se sentit partir, quitter son corps. Tendant les bras, elle avait tenté de s'accrocher à son corps, à celui de Muriel, amis une force incertaine la tirait vers le ciel inéluctablement.


...plus grande l'image?
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# Posté le jeudi 27 septembre 2007 09:49

Modifié le jeudi 04 octobre 2007 12:55

Le messi ténébreux

Ainsi, après des années de servitude au sein de la Camarilla, mon clan, les Tremeres ont décidé de m'éliminer. Mais je leur réserve une surprise de taillle, l'annihilation de leur pathétique clan.

Valerius Sepernius
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# Posté le vendredi 28 septembre 2007 15:12

Modifié le mardi 02 octobre 2007 10:05

Merediana

TU VaS Mo<ÙRIr MéRIDiana JE vAis Te TUer!!!!!!!!!!!111 P<ERsoNne ne TrAHI VIGO et surVIe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!HHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA JE sUIs RIdicuLE

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 15:14

Merediana (suite 2)

Merediana (suite 2)
Elle se sentit partir, quitter son corps. Tendant les bras, elle avait tenté de s'accrocher à son corps, à celui de Muriel, amis une force incertaine la tirait vers le ciel inéluctablement. Une douce lumière l'entoura, bleutée, claire, pâle d'aube naissante, ni trop vive, ni trop sombre. Mais elle avait froid, elle se sentait si mal en ce bel endroit, si déplacée. Un homme portant une longue toge et une barbe tout aussi traînante s'approcha d'elle. Elle recula d'instinct et il s'arrêta en lui faisant un signe amical afin de la rassurer.

- Chère petite, bienvenue!

- Bienvenue? Mais bienvenue où? Qu'est-ce qui s'est passé?

- Mais au Paradis, le Ciel, l'Éden, le Walhalla. Le Royaume Éternel des bonnes âmes vous a ouvert ses portes. Vous étiez trop pure, trop douce, trop gentille, comment auriez-vous voulu que le Grand Seigneur vous laisse devenir l'une de ces abjectes créatures condamnées à l'immortalité?

- Et si... Et si... Et si j'avais voulu rester là, moi?

Elle commençait à paniquer, la colère l'envahissait rapidement et ses yeux, loin d'être d'ébène s'approchaient vite de la teinte du monde ambiant. Elle voulait crier, hurler, s'enfuir, mais elle restait là, à bavarder avec ce vieillard insupportable.

- Mais voyons? Qui voudrait rester sur Terre quand il a eu l'extase de voir ce monde?

- Ce monde est froid, même glacial, il me transperce de sa brise de tristesse. Il sent la rose, fleur de la mort, pourriture sacrée. Il a le froid d'un cadavre et l'apparence mensongère d'une paix inventée. Il est vide, désert, dénué de la moindre émotion.

- Taisez-vous, mais taisez-vous pour l'Amour du Ciel! Laissez-moi vous faire entendre raison!

Apparurent alors une dizaine de personnes, toutes jeunes, quatre garçons et six filles, souriants, blêmes dans leurs toges blanches aux bordures dorées, Ils avaient tous un air béat et le visage figé dans une expression de pur bonheur. La vampiresse en fut immédiatement dégoutée. La plus âgée des filles, elle ne semblait pas avoir plus de vingt ans, prit la parole en premier.

- Bienvenue à vous dans cet endroit merveilleux. Sais-tu qui nous sommes?

Elle croisa les bras, contenant sa frustration en elle-même. Elle devait absolument trouver un moyen de sortir de là, de retrouver son corps, de retourner là-bas. Elle laissa aller un peu de son énergie dans sa réponse.

- Non! Et je n'ai aucune envie de l'apprendre! Vous seriez Dieu lui-même que je vous cracherais au visage! Laissez-moi partir!

- Mon Père? demanda-t-elle à l'ancien. Ce dernier acquiesça et elle poursuivit avec le même sourire ingénu, nous sommes tous et toutes d'innocentes victimes de Vampires, comme toi. Chacun de nous a traversé cette épreuve et en est ressorti récompensé. Quel est le nom de votre assassin que nous envoyions un ange à sa recherche?

- À sa recherche? Pour le tuer, c'est ça?

- Non! Lui donner un avertissement seulement. Ce n'est que lorsqu'un vampire a trois avertissements que l'on envoie un archange pour s'en occuper ainsi. L'inquiétude marque vos pauvres traits, laissez-moi apaiser votre c½ur, répondit un petit garçon d'environ dix ans.

Merediana recula. Quel pouvait-elle faire pour ne pas condamner son sauveur? Comment devait-elle s'y prendre pour quitter cet enfer? Elle grelottait, n'y avait-il personne pour la réchauffer?

- Non! Ne me touchez pas! Je veux y retourner! Je veux retourner sur Terre, regagner mon corps, mon simulacre de vie, ma malédiction et cette chaleur...

- Pourquoi? Pourquoi, mon père, elle veut tant y retourner? interrogea une fillette d'à peine cinq ans.

- Parce qu'elle est encore sous le choc, Élie, mais dis-lui, toi, combien c'est beau chez toi.

- Mademoiselle, dit-elle en s'approchant, ici, on a jamais faim, jamais soif, jamais sommeil. On se sent toujours bien et ceux qu'on aime sont toujours avec nous.

Merediana laissa échapper un soupir de ses lèvres, mais elle ne pouvait s'emporter contre une enfant, c'était contre nature. Elle eut un sourire faux en s'agenouillant puis posa ses mains sur les épaules de la petite.

- Je ne vois ni ma mère, ni mon père pour m'accueillir ici, ma belle. Ma vie n'est pas terminée en bas, c'est pour ça qu'il faut que je parte. J'ai besoin de la chaleur de la vie, de ses bras. Il y a quelqu'un que... (Pouvait-elle vraiment dire qu'elle l'aimait?) ...qui m'attend en bas, puis elle se pencha pour murmurer suffisamment bas pour que seule la fillette l'entende, montre-moi le chemin, je t'en prie.

La petite versa une larme qu'elle cacha aux autres. D'un regard, elle indiqua la bonne direction à Merediana en murmurant « Bonne chance! ». La blonde se releva et annonça :

- Elle est trop mignonne, c'est d'accord. Une enfant si jeune et pure ne peut pas mentir. Je vais la suivre.

La plus jeune parut surprise, mais se tourna comme tous les autres vers l'opposé du chemin qu'elle venait de lui montrer. Silencieusement, plutôt que de les suivre, la vampire recula jusqu'à ce que l'un d'entre eux se retourne et voit la supercherie. Le patriarche hurla de la rattraper en se mettant en colère, mais il était trop tard.

- Nous vous retrouverons... Nous le tuerons... Nous vous ramènerons, croyez-moi, et il brûlera en enfer pour l'éternité.

Merediana entendit sa sauveuse se mettre à pleurer avant d'arriver au bord du gouffre au fond duquel elle voyait la scène de sa mort figée dans le temps. Cela ressemblait à une flaque d'apparence lisse et miroitante qui reflétait l'image fixe.


...plus grande l'image?
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# Posté le jeudi 04 octobre 2007 12:33

Modifié le vendredi 05 octobre 2007 00:33

(hord game) UNE SPHÈRE ROSES

(hord game) UNE SPHÈRE ROSES
Hors garme desoler pour cette interuption masi voici une image que j'ai pris si vous qui avez jouer avec moi a d¦d vous ne comprenez pas vous ete nul!


Ferrette aimerais cette image LOL


bon ok fin de la foli passagère de Stéphanie un peu de serieux !!!!!
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# Posté le lundi 08 octobre 2007 15:15

Modifié le lundi 08 octobre 2007 16:07