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Merediana (par elle-même)

Merediana (par elle-même)
Nom : Hargreaves
Prénom : Merediana
Âge : 126 ans (mais l'apparence de 17)

Race : Vampire, évidemment!

Mon histoire, le début au moins :

Colline était une fleuriste de renom. Dans son village et ceux des alentours, nul ne savait mieux s'occuper des plantes que cette demoiselle aux cheveux d'or et aux yeux pastel. Un jour vint à sa boutique un homme au regard d'acier. Il était grand et musclé. Il eut pu avoir un air gentilhomme s'il n'avait possédé dans son dos une arme qui mettait tous les gens sur la défensive. Et pourtant... Il acheta des roses noires à la jeune femme puis il s'en alla en laissant un fort pourboire. Il va sans dire que la jeune Colline était troublée.

Le soir venu, elle rentra chez elle et son trouble fut plus grand encore quand elle retrouva les vingt roses noires qu'elle avait vendues au matin déposées sur sa couche comme sur le lit d'une condamnée. Elle les jeta immédiatement en bas dans la ruelle par sa fenêtre ouverte.

Un an plus tard, jour pour jour, le même homme aux premières lueurs de l'aurore, vint acheter des fleurs, encore des roses noires, et malgré une étrange envie de le mettre à la porte de sa boutique, la jeune femme les lui vendit sans dire un mot, le sourire aux lèvres et le visage chaleureux. Il lui donna plus que la valeur des fleurs. Le soir venu, elle trouva les dix-neuf roses sur son lit. Cette fois, elle les déposa dans un vase plutôt que de les jeter. Deux ans de plus passèrent et le malaise qu'elle éprouvait se changea en un sentiment d'intérêt particulier.

Quand, dans sa chambre, elle trouva dix-sept roses, elle entendit simultanément des coups au battant de sa porte. Elle s'empressa d'aller ouvrir. L'homme était là, sombre et mystérieux. Elle l'accueillit silencieusement, mais ses pensées s'agitaient à une vitesse folle. Puis le vide s'installa alors qu'il la fixait de ses yeux d'un gris plus pâle que la mort.

Au matin, elle se réveilla avec une forte fièvre. Son état paraissait grave, son mal, tenace. Les médecins les plus expérimentés passèrent à sa chaumière, mais aucun ne put déterminer son mal. La commère du village arriva deux jours plus tard et observa la souffrante.


- Ça va passer, dit-elle à brûle-pourpoint, donnez-lui deux jours de plus et elle sera sur pieds. C'est pas une maladie ce qu'elle a, c'est l'enfantement qui lui va pas! Ça s'est passé de la même façon pour l'épouse de mon neveu... elle termina sa phrase en s'éloignant.

Comme de fait, quelques jours plus tard, la pauvre Colline se sentait mieux. Elle enflait lentement, portant en son ventre l'enfant de cet homme qui lui avait si gentiment donné des fleurs pendant cinq ans.

Elle finit par accoucher. La petite fille était maigrelette, mais elle se renforcirait avec l'âge lui avaient dit les sages femmes en quittant la maison. Pas un seul instant n'était venu en tête d'abandonner la grossesse ou de se forcer à perdre l'enfant. Elle acceptait étrangement l'idée qu'elle n'aie vu que rarement le père, qu'elle n'aie jamais eu conscience de concevoir cette fillette. Elle était là et c'était tout.

Il revint encore cette année-là. Colline l'attendait avec l'impatience fragile d'une gamine qui attend ses cadeaux de fête. Elle voulait lui présenter Merediana, car c'était ainsi qu'elle l'avait appelée.


- Quel est ton nom, bel étranger? lui demanda-elle une fois qu'il eut payé les fleurs. Ne veux-tu point connaître celui de ta fille?

Un sourire paru sur le visage de l'étranger. Sa voix grave sonna juste à travers l'air feutré de la boutique.

- Mon nom n'a aucune importance, mais je me demande comment tu as nommé ma progéniture, en effet. Ne pourrais-je point la voir?

- Merediana, elle se nomme Merediana et tant que je ne saurai point le votre vous serez pour moi le bel étranger. Je cours la chercher, cette petite.

Elle alla dans l'arrière boutique et en ressortit avec dans les bras un adorable bébé aux cheveux de soie et aux yeux obscurs. De la même couleur que ceux que son père posait sur elle à l'instant. Ce dernier sortit une minuscule aiguille et demanda à prendre le bébé. La petite resta silencieuse et calme tandis que l'homme la prenait dans ses bras et la collait contre sa large poitrine. Il lui découvrit une oreille et la perça d'un coup sec dans le haut, il inséra dans le trou un minuscule anneau doré doté d'une perle rouge sang.

- Ne lui retire jamais, ceci est mon héritage.

Et il rendit Merediana à Colline avant de sortir. Le soir même, elle trouva de nouvelles roses dans son lit.

Pendant dix-sept ans, Colline fit de son mieux pour élever sa fille. Elle lui apprit à lire, à écrire et à compter. La danse et le chant étaient les disciplines favorites de l'adorable gamine. Mais elle adorait également une matière connexe, une matière qu'elle apprenait à l'insu de sa mère au profit d'une leçon par année. Elle apprit lentement à se servir de la chaine-dague de son père, une arme qu'il avait récupéré il y avait longtemps comme trophée d'un long combat dont il était sorti vainqueur de justesse disait-il. À chaque fois qu'il racontait cette histoire à sa fille, des lueurs pâles traversaient son regard, ce qui ne manquait pas de faire frissonner la jeune fille.

Enfin, elle eut dix-sept ans. Sa beauté s'épanouissait doucement, tout comme sa force et son caractère. Elle ne savait rien des roses, Colline ne savait rien des entraînements nocturnes. Mais la dernière rose noire avait été offerte, qu'arriverait-il ensuite?

La nuit rituelle, le père de Merediana était au rendez-vous. Il demanda à sa fille d'aller chercher sa mère. Son regard était faible et opalescent. Il paraissait épuisé. Elle obéit sans poser de question. De retour à la porte de chez elle avec sa mère ensommeillée. Il les conduisit derrière la demeure, sous le couvert de quelques arbres. Ils s'assirent sur un rebord accommodant et attendirent sous les ordres du mystérieux homme que Merediana appelait père.

Enfin, quand la lune, pleine, arriva à son zénith et qu'ils entendirent les douze coups sonnés par l'horloge dans la maison, une ombre se glissa vers eux subrepticement. Colline émit un gargouillis aigu puis ses yeux se fermèrent pour la dernière fois. Merediana ne vit rien, seulement sa mère qui tomba lentement du muret. Elle s'agenouilla à son chevet et remarqua sous la faible lumière lunaire les trous dans le cou de la femme. Elle avait été vidée de son sang.

Un gargouillement grave retentit de la gorge de son père et il tomba lui aussi. Merediana se mit à trembler, inquiète et effrayée. Une voix étrange se fit entendre dans l'obscurité. Une voix asexuée, incaractérisable, indescriptible.


- Tu es Merediana? Je ne suis pas déçu. Élancée, généreuse de poitrine, jolie, blonde en plus... Qu'est-ce que tu as? Tu trembles? Il n'y a pas de quoi, voyons! Il fit une courte pause puis continua, un peu plus fort. Que t'as-t-il raconté dis-moi? T'as-t-il... parlé de moi? Muriel? Non, je le vois à ton visage consterné. Il aurait du! Mais je vais me débrouiller quand même.

Il n'était qu'une ombre près d'un bosquet d'arbres. Il s'approcha d'un pas et elle pu constater qu'il s'agissait d'un homme. Elle n'osa bouger, accroupie près du cadavre refroidissant de sa mère. Elle resta muette, grelottante dans l'air frais et glauque de la nuit.

- Tu as froid? Tiens...

Sans bouger, ou du moins sans que cela ne paraisse, il lui déposa une cape noire sur les épaules. La chaleur apaisa à peine l'adolescente troublée.

- Bon, je t'explique en général la situation. Tu n'as pas à avoir peur. Je suis, comme qui dirais, un "ami" de ton père. En fait, quelques années plus tôt, je l'ai combattu. J'avais tué quelques personnes dans un village, dont sa femme et sa fille. Une adorable enfant d'ailleurs, mais elle ne te ressemblait pas du tout. Tout ça pour dire que je n'étais alors qu'une bête assoiffée de sang et rien d'autre. J'ai failli le tuer alors. Mais il possédait un cristal magique et il s'en est servi contre moi. Il m'a offert un don inestimable, l'humanité, ou une grossière imitation. J'ai voulu le remercier alors je lui ai laissé la vie sauve, mais pas sans un compromis, j'avais besoin de sang et lui voulait une famille. J'ai du trouver une autre victime cette nuit-là, mais le laisser filer comme ça aurait été injuste puisque je l'avais battu. Il m'a donc promis qu'il m'offrirais ce qu'il aurait de plus précieux vingt années après notre rencontre. Tu dois connaître la suite, non?

Elle fit un signe négatif de la tête pour affirmer son incompréhension.

- C'est moi qui ai offert cette arme à ton papa, dit-il en pointant la chaine-dague. Il m'avait demandé une arme en plus de la vie contre son bien le plus précieux dans vingt ans. Voilà, elle est à toi maintenant. Tu sais ce qu'il m'a dit, l'année passée? Il m'a raconté l'histoire de sa belle Colline aux cheveux d'or et des roses noires. Et il m'a parlé de toi. Il m'a dit que tu étais son trésor, ce qu'il avait de plus cher. Tu comprends maintenant?

Elle n'osait pas répondre, mais elle avait très bien compris. Elle ferma les yeux et tendit le cou, le libérant au passage de ses cheveux. La sensation des crocs ne se fit pas attendre, le dénommé Muriel s'abreuvant goulûment à son artère principale. Elle se sentit doucement entrer dans une phase étrange, une sorte d'état second. Elle cru premièrement que c'était la mort qui venait la prendre. Elle ne remarqua pas qu'il avait terminé son repas. Soudain, une chaleur et un goût sucré envahirent sa bouche. Immédiatement, elle se mit à boire, comme si elle savait que c'était ce qu'il fallait faire. Elle se sentit lentement mieux. Son cerveau semblait aller chercher dans cette boisson l'oxygène nécessaire afin de la ramener. Elle ouvrit les yeux.

La vue du cou offert, blanc et pâle, la fit se renverser en arrière, mais le mal était fait. Quelques gouttes s'échappèrent de ses lèvres et roulèrent sur son menton. Elle s'évanouit.



...plus grande l'image?
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# Posté le jeudi 27 septembre 2007 09:18

Modifié le jeudi 04 octobre 2007 12:57

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